Déportation et Naufrage

AYMÉ  Jean-Jacques
Déportation et Naufrage de J.J. AYMÉ,  ex-législateur
suivi du tableau de vie et de mort des déportés, a son départ de la Guyane, avec Quelques observations sur Cette colonie et sur les Nègres.

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3107

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AYMÉ  Jean-Jacques
Déportation et Naufrage de J.J. AYMÉ,  ex-législateur
suivi du tableau de vie et de mort des déportés, a son départ de la Guyane, avec Quelques observations sur Cette colonie et sur les Nègres.


Paris, chez MARADAN, [1800], 1 vol. relié in-8, 19,5 x 13, 269pp + 14ff (Tableau de la Liste alphabétique des déportés en exécution de la Loi du 9 Fructidor an V, embarqués sur la corvette la Vaillante, sur "La Charente" et sur "La Décade", le 1er Vendémiaire an VI. Les Ages au jour de l'embarquement + 6ff de réclame pour la souscription au livre Le Cultivateur Anglais, d'Arthur Young.

EO, 1°tirage sur papier vergé

Notre avis:
Excellent état sans défaut pour cette œuvre originale Aucune tâche au papier vergé. Reliure moderne demi-maroquin noir, dos lisse, titre et nom d'auteur dorés. Date (1800), gravée en queue.

Le texte :
Important témoignage sur les terribles conditions de déportation à la Guyane.
A la suite du coup d'état du Directoire 328 députés, journalistes et ecclésiastiques furent déportés sans jugement en Guyane, condamnation surnommée "guillotine sèche". 23 déportés parvinrent à s'échapper et les 133 survivants ne furent rappelés en France que 3 ans plus tard par Bonaparte. Aymé réussit à s'échapper et embarqua sur un navire américain qui s'échoua sur les côtes d'Ecosse, rentré en France il fut nommé par Bonaparte "Directeur des droits réunis du départ. du Gers, puis ensuite de l'Ain". Contient in fine la liste des déportés et embarqués sur la corvette la Vaillante, le 1er vendémiaire an VI, des Déportés embarqués sur la Charente, le 12 mars 1798, ensuite sur la Décade, le 25 avril suivant ; débarqués à Cayenne les 13, 14 et 15 juin 1798, la liste alphabétique des Déportés embarqués, le premier août 1798, sur la corvette la Bayonnaise, arrivés devant la rade de Cayenne, le 29 sept. suivant (8 vendémiaire an VII); avec leurs noms, âges, qualités, domiciles, les conditions de disparition (mort, évasion). Rappelons que les déportation politiques commencèrent en 1794, avec les jacobins Billaud-Varenne et Collot d'Herbois. Sabin 2521 - Fierro, 56.

Le livre a été également publié à Londres , en anglais, en 1800, avec le titre : "Narrative of the deportation to Cayenne and shipwreck on the coast of Scotland, of J.-J. Job Aimé, written by himself, London, J. Wright, 1800, 282 p".

L'auteur:
AYMÉ  Jean-Jacques, dit Job-Aymé -
1752 - 1818
AYME (Jean -Jacques), dit Job Aymé(1), né à Montélimar, le 13 janvier 1752, était avocat à la sénéchaussée de cette ville au commencement de la révolution. Ses opinions, d'abord trèsprononcées en faveur des idées nouvelles, le firent élire, en juin lif90, procureur-général-syndic du département de la Drdme. Mais la marche des événements, surtout la déchéance de Louis XVI, ayant, car la suite, modifié ses premiers sentiments, l'assemblée électorale réunie pour nommer les députés à la Convention, le destitua en sept. 1792 et lui donna J. F. Payan pour successeur. Rendu à la vie privée et retiré à Montélimar, toute sa circonspection ne put le soustraire aux soupçons des comités révolutionnaires. Il fut arrêté comme suspect et modéré, traduit de prison en prison jusqu'à Paris et ne recouvra sa liberté qu'un mois après le 9 thermidor. De retour à Montélimar, aigri peut-être par son arrestation, il se livra à des manœuvres dont les détails n'ont pas été bien définis. Il s'affilia, à ce qu'il paraît, aux célèbres compagnies de Jésus et du Soleil, chercha à provoquer, dans la Drôme, la résistance aux derniers décrets de la Convention expirante, et grâce peut-être à ses menées contre-révolutionnaires fut élu député au Conseil des 500 (sept. 1795). Aymé prit place dans cette assemblée et y siégea d'abord sans opposition. Mais à la séance du 29 frimaire an IV, un violent orage s'éleva contre lui. Geuissieux l'accusa d'avoir provoqué la résistance au décret du 5 fructidor an lV, qui créait des incapacités électorales, d'avoir caché son nom en prenant celui de Job Aymé, enfin, et surtout, d'être l'un des organisateurs des compagnies de Jésus et du Soleil. Dans la séance du lendemain, Aymé essaya inutilement de se défendre, il ne put réussir à se laver complètement du dernier de ces reproches. Une commission nommée pour examiner sa conduite déposa un rapport contre lui et, après plusieurs séances et de vives discussions, il fut exclu du conseil des 500, par application de la loi du 3 brumaire an iv, qui suspendait de toutes fonctions publiques , jusqu'à la paix , les provocateurs de mesures séditieuses (4 janvier 1796). Il resta à Paris pour ne pas se voir de nouveau soupçonné de coopérer aux crimes dont les départements continuaient à être le théâtre, et, après 18 mois de suspension, fut rappelé aux 500, le 20 mai 1797, par suite du rapport de la loi du 3 brumaire. Aymé alla s'asseoir dans les rangs de cette majorité, appelée alors le parti clichien, provoqua l'exécution du décret de déportation rendu contre Vadier et Barrère, chercha à faire sortir Barras du Directoire en demandant une enquête sur son âge, puis, par une contradiction inexplicable, s'opposa à la célébration de la fête anniversaire de la chute de Robespierre. Une telle ligne de conduite ne pouvait manquer de lui attirer la haie du Directoire; il fut compris dans le nombre des députés frappés par le coup d'état du 18 fructidor et condamné à la déportation. Des amis parvinrent d'abord à le soustraire aux recherches de la police, mais une fausse alerte lui fit commettre l'imprudence de sortir de la retraite où il se tenait caché. Arrêté aux barrières (3 janv.1798), on l'écroua au Temple, et le mars suivant il fut embarqué à bord de la frégate la Charente qui le transporta à Cayenne. Le récit des divers incidents relatifs à la transportation d'Aymé, dépasserait les bornes d'une simple notice comme celle-ci : il en raconte lui-même longuement tous les détails dans un ouvrage fort intéressant cité ci-après. Je me contenterai de rappeler qu'après deux ans de séjour à Cayenne, il parvint à s'évader, le 27 sept. 1799, avec le journaliste Perlel sur un bâtiment américain, et qu'il fit naufrage le9 janvier suivant, à Frasenbur, sur les côtes d'Ecosse. Là, on lui apprit la révolution du 18 brumaire, et l'arrêté des consuls du 26 déc. 1799 l'autorisant à se rendre à Dijon pour y demeurer sous la surveillance du ministre de la police générale.
En l'an x, Aymé fut nomme>grand-juge à la Louisiane; mais le gouvernement ayant renoncé à ses projets de colonisation, il resta en France, obtint, en 1804, l'emploi de directeur des droits réunis dans le dép. du Gers, puis dans celui de l'Ain. 11 l'exerça jusqu'à sa mort arrivée à Bourg le 1" nov. 1818.  ( extrait de la Biographie du Dauphiné )

Bibliographie : Jean-Jacques Aymé, député de la Drôme, à ses collègues (imp. Guffroy), (s. d.) in-12, 21 pp. C'est un discours qu'il se proposait de publier au Gonseil des 500 en réponse aux attaques dont il était l'objet.
II. Déportation et naufrage de J,J. Aymé, ex-législateur... Paris, Maradan, (s. d.) (1800), in-8o. -Trad. en allemand, Leipzick, 1801, in-8°. - Quelques parties de cet ouvrage ont été réfutées par l'opuscule suivant : Réponse à M. J.-J. Aymé, l'un des déportés revenus de la Guyane, par Burnel Paris, Debray, Colnet, an vii, in-8, 19 pp.

Biographie du Dauphiné consultable : ICI

 

 

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